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Poésie


















 

Voyagez dans la poésie de Didier Mirault

 Format
 Urbain bouleversé au chapelet païen
 Apprendre de la graine passée de mains en mains
 Promotion continuée de culture civile
 Marche à recouvrement comme de tuile en tuile
 Formé pour devenir pour apprendre à comprendre
 Formater pour traduire et sortir des méandres
 Au "détour de l'agir" et des copies conformes
 Prospective inconstante et pourtant dans les normes
 L'habitude du doute d'un trouble enchâssé
 Dans le parcours des cours des pairs exemplaires
 Une pierre au jardin, précieuse, un scrupule,
 Garder l'incertitude et réduire les fractures,
 Se former avec soin, être comme les autres,
 Rester différent sans être indifférent
 La promo d'êtres uniques mais pas de solitaires
 Faire la route ensemble pour une part du chemin
 Se comprendre à mots plein de vocables communs
 S'échanger des auteurs et rester en rapport
 Impétrants empêtrés de concepts inconnus
 Mêlés à l'envie d'être à son jour reçu
 Et diplôme compris lauréat pour mémoire

           Didier Mirault


 Mais que fait-elle ?
 Elle se balance,
 Peut être plus,
 D'indifférence,
 Peut être pas.

 Et parle-t-elle ?
 Avec des mots,
 Peut être pas.
 Mais elle écoute
 Avec les yeux.

 Et que voit-elle ?
 Bien autrement
 Peut être plus,
 Elle regarde
 Ce que tu dis.
 Du vent sans fin


 Un drôle de temps ce matin,
 Encore un jour avec du vent sans fin,
 Ici l'on dit qu'il rend fou,
 Le temps des drôles et du réveil flou.

 Matin qui traîne, faut y aller,
 Le réveiller et le lever, faire à manger.
 Le vent transpire, souffle et courre,
 Bourrasques, fonce, n'être pas à la bourre.

 Un drôle de temps ce matin,
 Encore un jour avec du vent sans fin,
 Ici l'on me dit qu'il est fou,
 Les gens sont drôles quand faudrait être doux.

 Le taxi là, on est à l'heure,
 Toutes les semaines il me fait le coup du bonheur,
 Comme tous les lundi,
 Je l'ai bien vu, en partant, il a souri.

 Un drôle de temps ce matin,
 Encore un jour avec du vent sans fin...
 Le temps síéchappe


 Un jour ; le temps s'échappe,
 Hier aussi était un jour,
 Accumulé comme les autres jours,
 Agglutiné parmi la grappe, 
 Un jour alors, un grain sorti 
 Du sablier tant de fois retourné, 
 Au milieu des autres mélangé,ÝÝÝ ÝÝÝ 
 Du temps qui passe reproduit ;
 Un jour parmi les jours et différent,
 Un jour banal et terne,
 Un de ces jours que l'on attend,
 Un jour de repos ou la veille,
 Un jour usé de défiler
 Du jour d'avant au jour d'après,
 Et puis voilà, c'est la retraite,
 Aujourd'hui faut changer de maison.



 Sémaphore

 Sémaphore, cíest la mienne, cíest ma très grande faute.
 Cíest ma fille, cíest la mienne, elle vient bien de moi.
 Elle est née, cíétait dur, pour elle comme pour moi.
 Ce sera un enfant et quíimporte le sexe,
 Aimée ou Désiré, on choisira sur place,
 Et pas d'échographie, on se fait la surprise,
 Alors ce fut toi, on nous a remarquées.
 Tout un aréopage et même un psychanthrope,
 Comparution immédiate : coupable díêtre mère.

 Jíai besoin díêtre aidée, capable díêtre mère.
 CetteÝ enfant là doit même pouvoir être éveillée,
 Cíest la mienne, je crois bien quíelle me reconnaît.


 Titi

 Faut croire quíelle est solide 
 Líenveloppe heurtée,
 Malgré les coups dedans 
 La coquille résiste,
 Enfermé solitaire, 
 Ouvert sur líintérieur,
 Avec des mots quíon ne voit pas 
 Ou que líon níécrit pas,
 Ou encore des mots tus 
 Ou criés sans oreilles,
 En bé ti, té ti, 
 La langue est bien vivante
 Mais je níy entends rien,
 En, han! hi-han, âne,
 En, ici, de lui, de là,
 Et plus ça míinterroge
 Plus ça me reste étrange
 Bé, mouton, béer, ouvert,
 Bébé, fermé, enfantillé,
 Ti, tea time, té, équerre,
 Tee, pour pas perdre la boule,
 Titi, à líappeler ainsi 
 Quand il était petit,
 Je me suis pas aperçu 
 Qu íil avait pas grandi,
 Quand ça nía pas suffi 
 De regarder vers lui,
 Je me suis tourné vers moi, 
 Mais je níai rien compris. 


 ÝMon cousin

 Alors çà, quelle rigolade les copains,
 Le film, líautre fois, tordu de rire,
 Jíen ai pissé dans ma culotte.
 « Tiens, ça me rappelle mon cousin. »
 Après, je vais te dire, jíai eu la trouille,
 La scène díhorreur mía mis les miches à zéro,
 Je peux dire que jíen ai chié dans mon froc.
 « Tiens, ça me rappelle mon cousin. »
 Attends, laisse moi tíexpliquer,
 Yía eu cette fille, un vrai canon,
 Et moi, baba, incapable de sortir un mot.
 « Tiens, ça me rappelle mon cousin. »
 Bon, assez ruminé, qui cíest ton cousin ?
 « Il estÝdans un centre, pourtant, comme nous,
 Il a parfois des fuites et il est émotif,
 Il n'a jamais parlé, ça je sais pas pourquoi. »
 Ý


 ÝIl a eu líage avant moi

 Mais il a eu líage avant moi
 Je voulais avoir un enfant
 Jíai cru pouvoir être parent
 Et vieux quíil síoccupe de moi

 Mais il a eu líage avant moi
 Petit il était replié, il a gardé 
 Longtemps les yeux fermés
 Mais cíest normal car il
 Est né pendant la nuit

 Mais il a eu líage avant moi
 Plus tard il est resté petit
 Jíai pleuré, jíai grandi
 JíaiÝ douté, jíai vieilli
 Jíen ai vu passer des années 
 Et je míoccupe encore de lui

 Car il a eu líage avant moi.


 ÝAuguste

 Funambule inutile
 Qui déambule sans fil,
 Acrobate balèze
 Perdu sans trapèze,
 Contorsionniste sans pli
 La vie postée díoublis,
 Dresseur sans fouet
 Ni fauve ni tabouret,
 Palefrenier sans canasson
 Sans principes et sans façon,
 Equilibriste sans balancier
 Líombrelle échappée du poignet,
 Auguste qui ne parle pas
 Mais gesticule à tour de bras,
 Il y a aussi un conteur,
 Une histoire extraordinaire
 Et encore deux éducateurs,
 Au milieu du jour ordinaire,
 Pour être avec et pour líécoute
 De tout ce qui síécoute 
 De tous ceux qui écoutentÖ



 Ý
 ÝTombé

 De mon train-train díélève moyen,
 Rythme tranquille et qui rend bien,
 Cíen est fini depuis le jour
 Où je suis tombé en amour !
 De tes désirs de voyages,
 Rêves de départs, de paysages,
 Cíest ralenti depuis le jour
 Où tu tíes retrouvée enceinte !
 De nos projets rien que pour nous,
 Randonnées, plages, folles étreintes,
 Cíest compliqué depuis le jour
 Où cíest tombé sur notre tête !
 De cette ambition de grandir
 Rang après rang, de réussir,
 Cíen est réduit depuis le jour
 Où líon est retombé díun tour !
 De líhoroscope mal écrit,
 Rendre au destin, prendre place,
 Cíen est fini de pile ou face,
 Où ça tombe faudrait faire face !
 De la vie de nous tous, la vie est dure,
 Rose ou bleu ou líavenir sombre,
 Cíest difficile certains jours,
 Où tout semble me tomber dessus !


 Dérisoire

 Avant, saluer le chef
 Toujours aller plus vite
 Le temps et la monnaie
 Mettre un coup de collier
 A quoi bon et pour qui ?
 Avant tout, après tout,
 On a même pas la chance
 De toucher dans le désordre !

 Mais on est pas aux pièces !
 Ou les pièces sont vides,
 Sous par sous, je níai rien,
 Rien que toi et cíest bien
 La vie mérite mieux
 Que ce temps dépensé 
 Maintenant pour longtemps
 Tu es plus important

 Dérisoire le reste
 Les jours se succèdent,
 Et se succéderont,
 Mais toi tu resteras
 Toujours au fond de moi,
 Dans les années qui viennent,
 En commençant de suite,
 Toute horloge inutile.


 Origine

 La vie défile.
 Souffrance majuscule,
 Initiale origine,
 Naissance fortuite,
 Incertaine existence,
 Par intermittence
 Líapaisement furtif.

 La vie défie la vie.
 Se retrouver parfois
 Toi et nous réunis
 Même si ça répare pas
 Il y va de la vie


 ÝIl síen va au boulot

 Il síen va au boulot
 Líautoradio sur France info
 Il entend mais il níécoute pas
 Car il pense à autre chose

 Cíest pas bien loin
 Il fait quand même 
 Les gestes dans sa tête
 Et il pense à autre chose

 Chaque matin qui réveiller
 En second ou en premier
 Et puis il lira le cahier
 Car il pense à autre chose

 Il se rapproche et il arrive
 Bavarde avec celui qui part
 Tout va bien alors il plaisante
 Et ses soucis restent chez lui

 Ça fait plaisir de blaguer
 Même pas terrible ça entretient
 « Cíest toujours les veilleurs
 Qui partent les premiers ! »

 Maintenant il est à son poste
 Lit le cahier et fait les gestes
 Et il écoute et il entend
 Car il pense à ce quíil fait.


 ÝRespirer

 Elle était endormie
 Mais pas díun bon sommeil
 Comme dansÝ un rêve enfoui
 On líavait endormie
 Et cíest dur au réveil
 La haine ou les regrets
 Et surtout la douleur
 Un médecin affairé
 Qui a passé deux heures.
 Accouchement, líenfant
 Naissance à líarraché,
 Il lía réanimé,
 Ça a pris trop de temps.
 Son enfant, son bébé,
 Né, à peine né,
 Dans la peine né,
 Tellement handicapé.
 Il a manqué si peu,
 Il síen fallait díun souffle,
 Cela fait dix sept ans
 Quíelle ne peut plus dormir.
 Elle fait tout ce quíelle peut,
 Jusquíà son dernier souffle.


 ÝCe níest pas si futile

 Pour la vie, ça cíest sur, ce níest pas si futile,
 Amoureux et encore ce níest pas suffisant,
 Etre père et vouloir être rassurant,
 Passé simple ou futur, ce níest pas si futile.
 Fût-il si important de faire un autre enfant ?
 Ce n ëest pas si futile, et ce níest pas si simple,
 Líenfant après líenfant et père de nouveau,
 Pour croire être capable de faire naître valide.
 Et encore la vie, ce níest pas si futile,
 Quand même un peu inquiet, ce níest pas si facile.
 Etre père et fragile, rassuré par son enfant.
 Amoureuse et maman, premier désir díenfant,
 Prolongement rêvéÖ ce níest pas si futile,
 Le futur altéré, la vie níest plus si simple


 Sale temps

 Les souris blanches faisaient grise mine
 Dans la cage auprès de l'usine
 Aux grilles closes depuis le feu
 Qu'on n'en finissait pas d'éteindre,
 La ville serait à repeindre
 Si l'on pouvait y revenir.
 Ça s'est passé dans mon sommeil
 Et c'est au retour du soleil
 Au son de mon radio réveil
 Que je m'étire jusqu'aux orteils
 Délice d'un matin banal,
 Café sans sucre et cigarette,
 Des rêves encore plein la tête,
 La voix près du lit me dit l'heure,
 Mes yeux se tournent vers l'extérieur
 Et tout soudain m'est inconnu,
 Le trottoir d'en face disparu,
 La radio brusquement s'est tue.
 Je sort jusque dans la rue
 Où je débarque à moitié nu.
 Le temps est comme avant l'orage,
 Tout a pris la couleur duÝ nuage,
 Sans repère et sans un sillage
 Qui laisse trace d'un passage,
 Le sol soudain semble monter,
 Et la pluie síest mise à tomber,
 En petit morceaux de plus en plus gros.
 Et moi, comme un idiot,
 J'étais sortiÝ sans mon chapeau !

 Ý


 Fidèle et dispersé

 En toute inconséquence
 Et en toute innocence
 Une fois pour toutes
 Ou toute fois que possible
 A qui j'aime je dis je t'aime
 Fidèle et dispersé je t'aime
 Je t'aime plus que tout
 Plus que toute autre
 Je t'aime tant
 Plus que tant d'autres
 La pudeur à l'oreille
 Ou la peur du revers
 Je n'ose pas prétendre
 Au t'aime désiré
 Je ne jalouse pas 
 Le t'aime familier
 D'un autre je que moi



 Ý
 La page des livres

 Je suis un homme de parole, pas un homme de main
 Crois moi sur parole, je t'ai déjà donné ma main
 JeÝ sais si peu de toi et je suis maladroit,
 Ce que je sais de moi sans secret je le livre
 Pour ce que je ne sais, tourner la page délivre.


 Vertige

 Je ne sais rien de toi, je te connais à peine,
 Le parfum de tes yeux, tes couleurs préférées,
 Qui te distinguent, au goût du monde,
 Dans la mosaïque de toutes les femmes uniques.
 Tu ne dis rien, je suis suspendu à tes lèvres,
 J'en suis disert et muet,
 Je croyais au savoir,
 Ýet j'en perds connaissance.


 Les mots au bout des doigts

 La plume et la feuille ont la penne en commun.
 Ecrire sans papier pour éviter líautomne,
 Les bises déposées emportées par le vent.
 En argot comme sous la plume 
 les mots sont posés sur des feuilles,
 Ils síenroulent en boucles díoreilles
 Et se répandent le long du cou
 Vers les épaules, le dos, le ventre,
 Ils ont le goût du baiser
 Tout en bas quand on lit
 A bientôt, je tíembrasse.

 Les mots au bout des doigts
 Je pousse líécrit de joie vers toi.

 Ce papier fin sépare le dire et líentendre,
 Les mots déposés et les mots lus.
 Le papier rapproche les pensées entre tendres,
 Les désirs tendus, les désirs entendus.
 Je devine tes yeux au travers du papier,
 Caressant du regard les dessins et les phrases,
 Silences et soupirs, rythmes et des graphes,
 Dégrafes mes mots de tête, 
 Dégrafes mes mots de coeur,
 Ces mots díamour que jíai pour toi.

 Les mots au bout des doigts
 Je pousse líécrit de joie vers toi

 Près de toi, transparence, le papier disparaît
 Pour ce mot, et je líai au bord des lèvres.
 Ne dis rien, jíai envie de boire tes paroles,
 Díêtre atteint de paroles touchantes sur ma peau.
 Près de toi, pour tout dire,
 Je te raconterai, au bout des lèvres,
 Líhistoire du verbe qui síest fait chair...
 Quíils sont doux les mots dedans.


 Eloignés proches

 A qui sont les mots ?
 A ceux qui écrivent
 Ou à ceux qui les lisent ?
 A ceux qui les tendent
 Ou à ceux qui entendent ?
 Lettres tracées 
 Une caresse de plume
 Pour un message de papier
 Nos regards síy croisent
 Je devine tes yeux
 Nous sommes de la même page
 Infime distance
 Transparence de la feuille


 Un grainÝ 

 Jíai un grain, grain de folie
 Un grain de sable síest coincé
 Et mon sablier síest arrêté
 Le temps síenroule autour de moi
 Insaisissable comme toi

 Grain de peau grain de beauté
 Je suis soluble dans la rencontre
 Primesautier, fondu, enchaîné
 Troublé, enroulé díémois
 Insolubles sansÝ toi

 Grain de café moulu serré
 Grain de blé feu de paille
 Grain de son, rire ensoleillé
 Mes mains síenroulent autour de toi
 Insatiables comme moi

 Grain de pluie cheveux mouillés
 Gouttes díeau le long du cou
 Avec toi essuyer un grain
 A pleines bouches síépancher
 Intarissables et sans voix

 Jíai un grain, grain de folie
 Comme une araignée au plafond
 Tissé díétoile au bout du fil
 Et funambule je míapproche
 Irrésistiblement vers toi...


 Je me rêve elle

 Je ne me souviens pas du rêve
 je ne me souviens que de toi
 jíai envie de dormir avec toi
 et pas que dormir pourquoi pas

 Tu es belle et cíest un présent
 tu ne connais pas líimparfait
 tu existes au-delà des temps
 et des souvenirs à venir

 Il est une fois une douceur indécise
 il faut ne pas mais faut il pas
 il est doux le désir de ne pas síinterdire
 et díen rester interdit de désir

 Nous avons du plaisir qui déborde des yeux
 nous sommes de la même pluie
 nous retrouvons le soleil et líombre sur la peau
 quand nous nous découvrons pour mieux nousÝ découvrir

 Je ne me souviens pas du rêve
 Tu es belle et cíest un présent
 Il est doux le désir de ne pas síinterdire
 Nous avons du plaisir qui déborde des yeux
 Et líappétit de vivre ailleurs que dans les rêves


 Désespoir

 Comme une scie sans voie
 Comme un fonds sans commerce
 Comme un limon sans marche
 Comme un livre sans page
 Comme un cri sans oreille
 Comme un jour sans rire
 Comme une attente vaine
 Comme un désir inassouvi


 Solitude

 Je suis un petit rien du tout
 Un peu de bruit
 Un peu de vie
 La terre tourne aussi avec moi
 Et le monde míentraîne
 Dans la ronde des multiples solitudes
 Je suis quelquíun de peu
 Rien quíun homme après tout
 Je ne suis rien sans toi
 Toi qui pour moi es tout
 Toi qui me manques
 Et que je cherche


 Rires

 J'en ai pris plein la figure
 D'abord la pluie et puis ton rire
 Comme celui d'un gosse qui a couru
 Au milieu des flaques d'eau
 Et qui saute éclabousse tout
 On en prend pour son grade
 Quelque soit notre trempe
 De héros d'arrière garde
 Il faut bien qu'on se mouille
 Une pluie fine et dense
 Aux gouttes insolentes
 Dégouline alentour et rigole en ruisseau
 Et se marre comme toi qui m'éponge en riant
 L'éclat de ton rire m'a laissé sur la peau
 Dans un échange muet quelques traces de son
 Et je garde de toi comme un grain de beauté
 Ce grain qu'ensemble nous avons essuyé


 Líair de rien

 La musique síest tue sans arrêter la danse
 Elle est tout contre lui et il est tout contre elle
 A la dernière note les pieds posés au sol
 Dans le silence de líair de rien

 Sarabande en chamade au travers des poitrines
 Et cíest aux coeurs quíils battent díune musique intime
 Sourde et muette à líaveugle accordée à la main
 Dans le silence de líair de rien

 Solitaire dialogue des hanches et du bassin
 Ils ne déplacent ni les pieds ni les épaules
 Mais ils sont en voyage et ils sont partis loin
 Dans le silence de líair de rien


 Etrange familière

 Offres moi le choix de t'aimer
 Ouvres moi le plaisir du désir
 De regarder ou de toucher
 Ou d'écouter ou bien de dire
 Avec des mots ou du silence
 Mais ne restes pas à distance
 Fermée repliée intouchable
 Ton absence est insupportable
 Et tu me manques près de moi.
 Tu es là sans paraître,
 Je suis en manque de toi,
 Etrange familière.
 Je suis en manque d'être,
 De quelques mots sincères.
 Le temps coule plus vite 
 Que les larmes ou les rires,
 EtÝ je tíattends.


 Sourire

 Ton rire de femme fleur de chants,
 Petite fille pour de vrai, pour de rire
 De plaisirs et de désirs touchants,
 Aux lèvres gonflées de sourire
 Et des sourires de ton corps;
 Câline en diable coquine sage
 Au coin des lèvres un bouton d'or
 Eclat de sourire en voyage; 
 Tu as des sourires secrets 
 Sous ton rire de gorge habillée
 Au bonheur de mes yeux comblés,
 Plaisir de contre-jour discret,
 Choix délicieux de ton tissu,
 Et je t'entoure de pensées
 De caresses sur ta peau nue,
 Et l'envie de te découvrir
 Jusqu'aux parfums de fleurs secrètes
 Et de m'attarder de désir
 Sur tes rives les plus discrètes,
 Au bord de ton sourire
 En quête de ton bouton d'or;
 Je t'aime profondément,
 Pour de vrai, pour ton rire.

 Ý


 Tatouage

 Tendre étoile filante
 bien loin de toute distance
 débordant les convenances
 persistant éclat de vie
 brillante même en plein jour
 rencontre d'une année lumière

 étoile de tendre présence
 libre sans préméditation
 heureuse sans y prendre garde
 adroite sans y toucher
 touchante sans y penser
 présente au delà des rêves

 comme un soleil mordant
 tatouage en encre bleue
 invisible signe intérieur
 qui réchauffe le coeur
 pénétrante présence
 je t'ai dans la peau



 Ý
 Partout

 De penser à toi me donne envie de tíembrasserÝÝÝ partout ,
 en pleine rue , à pleineÝ 
 bouche ,
 au milieu de la foule , à líintérieur de 
 tes mains ,
 dans ta salle de bain , au sillon de 
 tes seins ,
 dans un coin de ton lit , au creux de 
 ton ventre ,
 et au long de ton dos pour venir à 
 ta nuque ,
 poser mes lèvres derrière 
 tes oreilles ,
 et caresser aussi doucement 
 tes épaules ,
 et puis recommencer en ajoutant un doigt ,
 puis un autre , une main , pour caresser
 ton corps tout entier . 


 Tes mains

 Marionnette animée au mouvement de tes doigts
 Tu me tiens suspendu au bout du fil.
 Pantin de chiffon, je voudrais naître de toi,
 Que tu glisses ta main sous mes vêtements
 Pour faire vivre ma tête et réveiller mon corps.
 Ton sourire résonne comme ferait un baiser
 Quand malicieusement dans ta robe coquine
 Tu laisses ta pudeur au bord des échancrures,
 Pantin alors je ne suis plus de bois.
 Je me sens comme un gland tombé du chêne
 Comme une graine quíon plante 
 Pour quíelle sorte de terre,
 Je voudrais naître avec toi,
 Et grandir car tu saura bien míélever.
 Dans ce théâtre díapparences,
 Coté cour ou coté cúur, 
 de fines bretelles me rappellent
 Que notre relation 
 Ne tient quíà un fil.
 Yo-Yo que tu enroules 
 Et puis que tu déroules
 Qui síécarte 
 Qui se rapproche
 Que tu remontes dans ta main
 Et redescend le long du corps
 Pour mieux revenir encore.
 Je voudrais naître avec toi,
 Me porter à ton ventre,
 Te porter à mon ventre,
 Pour encore y mourir
 Et renaître avec toi.ÝÝÝ 


 Amitié

 Juste un mot juste, un mot doux quíil vienne !
 Quíune voix douce ou le chant díune sirène,
 En robe courte ou bien en pantalon,
 Me charme enfin et me sorte du fond.

 Juste un mot vrai, mot sorti du silence,
 Quíil va sans dire un mot chargé de sens,
 Derrière líoreille comme une goutte parfumée
 Flottant dans líair que jíaime à respirer.

 Juste un mot dit préféré au mot culte,
 Car dans la vie il níy a pas que le culte,
 Il y a aussi les yeux et le mot du regard
 Proche díétreinte et de qualité rare.

 Juste un dessein du mot, le discret du non dit,
 Juste libre féminin masculin à líenvie,
 Juste un mot de désir díêtre proche de líautre,
 Mot reçu, mot donné, mot sans dessein dessous.


 Le temps du nous

 Cet instant de nous, hors du tout,
 simple point díun tableau impressionniste,
 cet instant de toi, hors de toi,
 simple díoubli et tellement toi,
 cet instant de moi, rêve díémoi,
 simple díabsence et tellement moi,
 cet instant de soie, double soi,
 cet instant échappé hors du temps;

 Le temps du nous venu en quelques mots tactiles,
 le temps du bien entendu díun présent partagé,
 le temps donné aux accents díabandon,
 le temps du nous qui se dénoue,
 le temps délassé pour mieux síenlacer,
 le temps des mains douces 
 Et des mots quíon veut tendre;

 Tendres nous entre nous seuls en foule,
 tendres nous tendrement seul à seule,
 tendres et nous et trop moi et toi toute,
 tendres nous à síentendre et síéprendre,
 tendres nous pour longtemps face au temps...


Brigante

 Elle sait recevoir,
 Car elle síest beaucoup donnée.
 Reçue pour solde de tout conte,
 Mais cíétait une belle histoire.
 Parfois infidèle,
 Elle ne síest jamais trompée.
 Elle síéprend sans méprise.
 Elle aime sans honte,
 Et sans hantise díelle.
 Elle attire à tire díaile.
 Elle sait recevoir,
 Car elle sait beaucoup donner.



 Ý
 Parfum

 Je tíaime en tous sens
 Líouie le goût et la vue
 Le toucher líodorat
 Je voudrais être tout cela

 Je voudrais être ton parfum
 Pour être au plus près de toi
 Entre le tissu et la peau
 Et je resterai contre toi
 Lorsque tu seras dévêtue.

 Je voudrais être un mot doux
 agréable à ton oreille,
 Ou ta musique de chevet
 Ou líair du large
 De tes rêves de voyages;
 Etre une perle de chaleur
 Glissant de ton aisselle
 Sur líarrondi du sein;
 Etre un peu de cire
 Qui te pèle la peau
 Pour adoucir tes jambes;
 Etre une bouchée de pain
 Mordue à pleine dents
 Et fondant sous ta langue.

 Je voudrais níêtre quíun feuillet
 Gardant la page díun livre inachevé,
 Et tu reviendraisÝ toujours à moi.


 Absence

 Tu reçois chaleureuse
 Dans le raffinement
 D'un intérieur
 Aux couleurs de soi.
 Tu aimes à partager
 Les plaisirs de la bouche,
 Les bons mots et les rêves,
 Et tout ce qui te touche
 Dans les pages d'un livre.
 Tu aimes recevoir,
 Et accueillir généreusement.
 Tu es ouverte au monde,
 Tu reçois plein de lettres.
 Tu aimes les chaussures,
 Et tu aimes partir.
 J'aime quand tu reviens,
 Ton désir d'inviter.
 Tu aimes être aimée,
 Et j'aime t'aimer.
 Tu aimes ces grappes de fleurs,
 Belles de jour en couleurs,
 Tu leur ressembles un peu,
 Dans ton for intérieur,
 Quand je te rêve ouverte,
 Tu te fermes à la nuit,
 EtÝ tu emplis mes rêves
 De vide entre mes bras.

 Ý


 Écrit à tue têteÝ 

 Encore un écrit vain, cíest bien ma veine
 Un écrit de sang díencre, díamour à peine.
 Un trou de mémoire, présente absente,
 A corps perdu dans une longue attente.
 Dans le timbre des mots saisis par la feuille
 Dans líécrit de voix de lecture díoreille
 Dans le silence expressif de la main qui chemine
 Doucement sur la page des messages intimes,
 A cúur déployé je tíécris à tue tête,
 Paroles et musiques pour une chanson de gestes.
 Je te cherche aux détours de mes phrases si longues.
 Tu me touches, j'en frissonne de désordre,
 Et jíen oublie les mots pour apprendre ta langue,
 Et venons en aux mains pour enfin nous entendre.


 Certitude

 Tu es en somme
 une bouffée de fraîcheur
 dans líinsipide air du temps,
 une bise apaisante
 à la saison étouffante,
 un charme sans malice
 dans les jours désenchantés,
 une addition sans retenue,
 juste arrondie là où il faut.
 A l'arrêt sur image
 de ce portrait en pieds
 le compte níy est pas.
 Tu es irréductible
 comme une ombre entière,
 tu poses le soleil
 et tu en retiens tout,
 tu es sans décimale,
 une et indivisible
 comme la liberté,
 ton pas est assuré
 quand la foule piétine,
 tu es líutile fragilité
 des années de certitudes...


 Traces

 Je n'écris que de toi
 à lettre ouverte et sans pudeur
 j'écris toujours à toi
 des mots simples deÝ tout le monde.
 Je ne veux plus écrire,
 signes deÝ vie sur le papier.
 Je veux me rapprocher,
 envie de traduire des deux mains,
 envieÝ d'écrire sur toi,
 mettreÝ mes idées à leursÝ places,
 teÝ lire avec les yeux,
 entendre tes signes silencieux,
 t'embrasser de ma bouche
 et sans formule au basÝ d'uneÝ lettre,
 écrire à bras le corps 
 des mots d'amour surÝ taÝ peau.
 Le papier je m'en passe,
 je veux écrire sur toi,
 dessiner et tracer
 et retoucher et puis relier,
 ajuster le texte et le geste,
 caresser tes lignes de vie
 Et partager ainsi líécris


 Timbré

 Le plat des jours laisse la faim,
 Ton appétit laisse des reliefs.
 Tu veux celui qui níest pas là,
 Et qui níest pas parmi ceux là.
 Peuvent être beau cíest pas le tien.
 Il tíen faut un attentionné
 Pour tes oreilles des mots tendres
 Et qui démêle tes cheveux.
 Je ne líenvoie pas dire
 Et je líenvoie sous pli
 Espérant que tu me déplies.
 Je préfère être près de toi,
 Au coin de ton sourire,
 Aux accents de ta voix,
 Face à tes grands yeux ouverts
 Ou bleus, mais près de toi.
 La plume me rend fou,
 Supplice délicat 
 auquel je me soumets,
 Je ne líenvoie pas dire,
 Timbré du coin díune lettre.


 Nadège

 Toute menue légère comme des blancs en neige,
 Toute crue sincère de vérité légère,
 Toute pointue et scintillante comme une étoile de mer,
 Toute essoufflée de longue attente dans ce manège,
 Des rêves plein la tête et même au creux du ventre,
 Et puis des rêves au coeur et puis encore que sais-je ?
 Douce amère, líamère Nadège !
 La douceur du sourire et des éclats de rire
 Pain de sucre qui fond à la première averse
 Et des larmes salées que le soleil sèche.
 Souple au souffle du vent qui fait trembler la feuille,
 Frêle brin de lavande aux mystères parfumés,
 A moins que ce ne soit dans líétoffe froissée
 Une fleur de la passion qui se soit égarée... 



 Ý
 Y'a des matins

 Y'a des matins je suis comme un cendrier ivre
 ÝÝÝ Y'a des matins
 Comme si la nuit jíavais abusé de vivre
 ÝÝÝ Comme si la nuit
 Pourtant la vie était bien absente
 ÝÝÝ Pourtant la vie
 Demain déjà est sur la mauvaise pente
 ÝÝÝÝ Demain déjà
 Il y a des semaines où je ne fais qu'attendre
 ÝÝÝ Il y a des semaines
 Un jour meilleur pour me surprendre
 ÝÝÝ Au jour meilleur
 L'amour toujours mais faudrait être aimable
 ÝÝÝ L'amour toujours
 L'avenir c'était bien, çíaurait pu être bien
 ÝÝÝ L'avenir c'était bien
 Mais aujourd'hui le présent n'est pas un cadeau
 ÝÝÝ Mais aujourd'hui
 Les jours tombent dans le désordre
 ÝÝÝ Les jours tombent
 Jípeux même plus dire jíarrête demain
 ÝÝÝ Je peux même plus.


 Comète

 Lueur qui estompe líombre,
 Et des mots réfléchis,
 Passage épisodique 
 Par dessus la tête,
 Pas sage silencieuse
 Et des mots díémotion,
 Un soupçon díinsensée
 Et femme intensément.
 Cíest ta nouvelle année
 Pas de résolution,
 Et laisse toi aller
 Puisque tu as fondu.
 Ne pas te faire tourner
 Avant de tíavaler,
 Je níai pas de cuillère,
 Je ferai à la main.
 Douce lumière et forte,
 Allumée deÝ tendresse,
 FeuÝ ininterrompu 
 auquel jeÝ me consume.
 Je brûle de tes yeux
 et míéclaire de toi.
 Cíest ta nouvelle année
 Cíest ta nouvelle étoile
 Comète étincelante
 Avec la vie
 Qui va avec...


 Trois quatre

 Car si je dois compter sur moi
 Je commence par toi
 Et puis trois quatre
 La mesure dérape
 Bien trop nome

 Car si je dois compter sur toi
 Je compte sur mes doigts
 Et puis trois quatre
 La mesure dérape
 Bien trop nome

 Car si je dois battre la mesure
 Je commence par nous
 Et puis trois quatre
 La musique déborde
 Mais trop nome

 Car si je compte quelque part
 Ça commence par toi
 Et puis trois quatre
 Il n'y a de mesure
 Quíavec toi

 Car si la vie míaborde enfin
 Je partage avec toi
 Et puis trois quatre
 Et cíest la démesure
 Et puis toi toute.


 Démesure

 Pour gagner mon pain
 Je vais travailler
 Et pour la vie
 Je vais avec toi

 J'aime tout chez toi
 Ton rire et comme tu bouges
 Tes départs et comme tu reviens
 Ce que tu aimes et comme tu en parles
 Que tu m'aimes et comme tu me parles
 J'aime ton corps et tes plaisirs
 J'aime toucher toi...

 Jíaime tout chez toi
 Je tíaime, dans tous les compartiments du je
 Toutes les parts et tous les tout
 Mon amour que jíaime, je te préfère,
 Cíest toi que jíaime sans confusion
 Níimporte quíelle femme idéale
 Níimporte quel fade idéal
 Je te préfère et voilà tout.



 Ý
 Tout le temps

 Dès aujourdíhui
 Jíai envie de tíaimer
 Des deux mains.
 Dès à présent
 Je tíaime maintenant
 De líen vie.
 Dès demain
 Je reçois le présent
 De tíaimer.
 Dès toujours
 Jíaime tíaimer
 Pour la vie.
 Dès tout de suite
 Tiens au fait
 Je tíaime.


 Torrides

 Que tal, vital, quoi donc;
 Como estas, comme toi, ba pla;
 Siempre líamour, mi tout,
 Si tu vois ce que je veux dire;
 Hola ollé au lit pas dormir
 Pas tout de suite mais encore,
 Encore toi, encore moi, en corps nous,
 Nous et enlacés, noués délassés,
 Nous et embrassés, en nuit sans ennuis,
 A delante,Ý a mi go to bed,
 Obviously por favor ! viens,
 Tombé troublé tes bras trop bées,
 Et moi, émoi,Ý et mu versÝ toi


 La houle

 La foule dans la ville ressemble à la marée,
 Le flux et le reflux, la grève et la jetée,
 La ville et la mer ont la houle en commun,
 Trop nombreux sont au large, vague après vague,
 Par grand vent on peut voir remonter les embruns,
 De ceux qui restent à quai, de ceux que líon largue,
 La mer est mauvaise, la ville est démontée,
 Electeur à marée basse à la voix égarée,
 Dans le rang, la manifí, les mots díordre,
 Suivre le mouvement, gonflé, enragé,
 Dans líécume des idées de désordre,
 Issu des bas quartiers, chômeur, dégagé,
 Embarqué sans ballast, isolé, naufragé,
 Dans la file la quille, il peut se redresser,
 Vent debout, terre terre et enfin accoster,
 La sirène aperçue au bout du bar un soir,
 Partir à líintérim, jeter líancre et y croire...
 Toujours se dépêcher, faut dire qu'on est pressés,
 La ville c'est trop petit, les gens sont tout serrés.
 Il ne reste qu'à rêver aux entrées maritimes,
 Et la houle revient comme une vague intime.

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