Format
Urbain bouleversé au chapelet
païen
Apprendre de la graine passée
de mains en mains
Promotion continuée de culture
civile
Marche à recouvrement comme
de tuile en tuile
Formé pour devenir pour apprendre
à comprendre
Formater pour traduire et sortir
des méandres
Au "détour de l'agir" et
des copies conformes
Prospective inconstante et pourtant
dans les normes
L'habitude du doute d'un trouble
enchâssé
Dans le parcours des cours des pairs
exemplaires
Une pierre au jardin, précieuse,
un scrupule,
Garder l'incertitude et réduire
les fractures,
Se former avec soin, être
comme les autres,
Rester différent sans être
indifférent
La promo d'êtres uniques mais
pas de solitaires
Faire la route ensemble pour une
part du chemin
Se comprendre à mots plein
de vocables communs
S'échanger des auteurs et
rester en rapport
Impétrants empêtrés
de concepts inconnus
Mêlés à l'envie
d'être à son jour reçu
Et diplôme compris lauréat
pour mémoire
Didier Mirault
Mais que fait-elle ?
Elle se balance,
Peut être plus,
D'indifférence,
Peut être pas.
Et parle-t-elle ?
Avec des mots,
Peut être pas.
Mais elle écoute
Avec les yeux.
Et que voit-elle ?
Bien autrement
Peut être plus,
Elle regarde
Ce que tu dis.
Du vent sans fin
Un drôle de temps ce matin,
Encore un jour avec du vent sans
fin,
Ici l'on dit qu'il rend fou,
Le temps des drôles et du
réveil flou.
Matin qui traîne, faut y aller,
Le réveiller et le lever,
faire à manger.
Le vent transpire, souffle et courre,
Bourrasques, fonce, n'être
pas à la bourre.
Un drôle de temps ce matin,
Encore un jour avec du vent sans
fin,
Ici l'on me dit qu'il est fou,
Les gens sont drôles quand
faudrait être doux.
Le taxi là, on est à
l'heure,
Toutes les semaines il me fait le
coup du bonheur,
Comme tous les lundi,
Je l'ai bien vu, en partant, il
a souri.
Un drôle de temps ce matin,
Encore un jour avec du vent sans
fin...
Le temps síéchappe
Un jour ; le temps s'échappe,
Hier aussi était un jour,
Accumulé comme les autres
jours,
Agglutiné parmi la grappe,
Un jour alors, un grain sorti
Du sablier tant de fois retourné,
Au milieu des autres mélangé,ÝÝÝ
ÝÝÝ
Du temps qui passe reproduit ;
Un jour parmi les jours et différent,
Un jour banal et terne,
Un de ces jours que l'on attend,
Un jour de repos ou la veille,
Un jour usé de défiler
Du jour d'avant au jour d'après,
Et puis voilà, c'est la retraite,
Aujourd'hui faut changer de maison.
Sémaphore
Sémaphore, cíest la mienne,
cíest ma très grande faute.
Cíest ma fille, cíest la mienne,
elle vient bien de moi.
Elle est née, cíétait
dur, pour elle comme pour moi.
Ce sera un enfant et quíimporte
le sexe,
Aimée ou Désiré,
on choisira sur place,
Et pas d'échographie, on
se fait la surprise,
Alors ce fut toi, on nous a remarquées.
Tout un aréopage et même
un psychanthrope,
Comparution immédiate : coupable
díêtre mère.
Jíai besoin díêtre aidée,
capable díêtre mère.
CetteÝ enfant là doit même
pouvoir être éveillée,
Cíest la mienne, je crois bien quíelle
me reconnaît.
Titi
Faut croire quíelle est solide
Líenveloppe heurtée,
Malgré les coups dedans
La coquille résiste,
Enfermé solitaire,
Ouvert sur líintérieur,
Avec des mots quíon ne voit pas
Ou que líon níécrit pas,
Ou encore des mots tus
Ou criés sans oreilles,
En bé ti, té ti,
La langue est bien vivante
Mais je níy entends rien,
En, han! hi-han, âne,
En, ici, de lui, de là,
Et plus ça míinterroge
Plus ça me reste étrange
Bé, mouton, béer,
ouvert,
Bébé, fermé,
enfantillé,
Ti, tea time, té, équerre,
Tee, pour pas perdre la boule,
Titi, à líappeler ainsi
Quand il était petit,
Je me suis pas aperçu
Qu íil avait pas grandi,
Quand ça nía pas suffi
De regarder vers lui,
Je me suis tourné vers moi,
Mais je níai rien compris.
ÝMon cousin
Alors çà, quelle rigolade
les copains,
Le film, líautre fois, tordu de
rire,
Jíen ai pissé dans ma culotte.
« Tiens, ça me rappelle
mon cousin. »
Après, je vais te dire, jíai
eu la trouille,
La scène díhorreur mía mis
les miches à zéro,
Je peux dire que jíen ai chié
dans mon froc.
« Tiens, ça me rappelle
mon cousin. »
Attends, laisse moi tíexpliquer,
Yía eu cette fille, un vrai canon,
Et moi, baba, incapable de sortir
un mot.
« Tiens, ça me rappelle
mon cousin. »
Bon, assez ruminé, qui cíest
ton cousin ?
« Il estÝdans un centre, pourtant,
comme nous,
Il a parfois des fuites et il est
émotif,
Il n'a jamais parlé, ça
je sais pas pourquoi. »
Ý
ÝIl a eu líage avant
moi
Mais il a eu líage avant moi
Je voulais avoir un enfant
Jíai cru pouvoir être parent
Et vieux quíil síoccupe de moi
Mais il a eu líage avant moi
Petit il était replié,
il a gardé
Longtemps les yeux fermés
Mais cíest normal car il
Est né pendant la nuit
Mais il a eu líage avant moi
Plus tard il est resté petit
Jíai pleuré, jíai grandi
JíaiÝ douté, jíai vieilli
Jíen ai vu passer des années
Et je míoccupe encore de lui
Car il a eu líage avant moi.
ÝAuguste
Funambule inutile
Qui déambule sans fil,
Acrobate balèze
Perdu sans trapèze,
Contorsionniste sans pli
La vie postée díoublis,
Dresseur sans fouet
Ni fauve ni tabouret,
Palefrenier sans canasson
Sans principes et sans façon,
Equilibriste sans balancier
Líombrelle échappée
du poignet,
Auguste qui ne parle pas
Mais gesticule à tour de
bras,
Il y a aussi un conteur,
Une histoire extraordinaire
Et encore deux éducateurs,
Au milieu du jour ordinaire,
Pour être avec et pour líécoute
De tout ce qui síécoute
De tous ceux qui écoutentÖ
Ý
ÝTombé
De mon train-train díélève
moyen,
Rythme tranquille et qui rend bien,
Cíen est fini depuis le jour
Où je suis tombé en
amour !
De tes désirs de voyages,
Rêves de départs, de
paysages,
Cíest ralenti depuis le jour
Où tu tíes retrouvée
enceinte !
De nos projets rien que pour nous,
Randonnées, plages, folles
étreintes,
Cíest compliqué depuis le
jour
Où cíest tombé sur
notre tête !
De cette ambition de grandir
Rang après rang, de réussir,
Cíen est réduit depuis le
jour
Où líon est retombé
díun tour !
De líhoroscope mal écrit,
Rendre au destin, prendre place,
Cíen est fini de pile ou face,
Où ça tombe faudrait
faire face !
De la vie de nous tous, la vie est
dure,
Rose ou bleu ou líavenir sombre,
Cíest difficile certains jours,
Où tout semble me tomber
dessus !
Dérisoire
Avant, saluer le chef
Toujours aller plus vite
Le temps et la monnaie
Mettre un coup de collier
A quoi bon et pour qui ?
Avant tout, après tout,
On a même pas la chance
De toucher dans le désordre
!
Mais on est pas aux pièces
!
Ou les pièces sont vides,
Sous par sous, je níai rien,
Rien que toi et cíest bien
La vie mérite mieux
Que ce temps dépensé
Maintenant pour longtemps
Tu es plus important
Dérisoire le reste
Les jours se succèdent,
Et se succéderont,
Mais toi tu resteras
Toujours au fond de moi,
Dans les années qui viennent,
En commençant de suite,
Toute horloge inutile.
Origine
La vie défile.
Souffrance majuscule,
Initiale origine,
Naissance fortuite,
Incertaine existence,
Par intermittence
Líapaisement furtif.
La vie défie la vie.
Se retrouver parfois
Toi et nous réunis
Même si ça répare
pas
Il y va de la vie
ÝIl síen va au boulot
Il síen va au boulot
Líautoradio sur France info
Il entend mais il níécoute
pas
Car il pense à autre chose
Cíest pas bien loin
Il fait quand même
Les gestes dans sa tête
Et il pense à autre chose
Chaque matin qui réveiller
En second ou en premier
Et puis il lira le cahier
Car il pense à autre chose
Il se rapproche et il arrive
Bavarde avec celui qui part
Tout va bien alors il plaisante
Et ses soucis restent chez lui
Ça fait plaisir de blaguer
Même pas terrible ça
entretient
« Cíest toujours les veilleurs
Qui partent les premiers ! »
Maintenant il est à son poste
Lit le cahier et fait les gestes
Et il écoute et il entend
Car il pense à ce quíil fait.
ÝRespirer
Elle était endormie
Mais pas díun bon sommeil
Comme dansÝ un rêve enfoui
On líavait endormie
Et cíest dur au réveil
La haine ou les regrets
Et surtout la douleur
Un médecin affairé
Qui a passé deux heures.
Accouchement, líenfant
Naissance à líarraché,
Il lía réanimé,
Ça a pris trop de temps.
Son enfant, son bébé,
Né, à peine né,
Dans la peine né,
Tellement handicapé.
Il a manqué si peu,
Il síen fallait díun souffle,
Cela fait dix sept ans
Quíelle ne peut plus dormir.
Elle fait tout ce quíelle peut,
Jusquíà son dernier souffle.
ÝCe níest pas si futile
Pour la vie, ça cíest sur,
ce níest pas si futile,
Amoureux et encore ce níest pas
suffisant,
Etre père et vouloir être
rassurant,
Passé simple ou futur, ce
níest pas si futile.
Fût-il si important de faire
un autre enfant ?
Ce n ëest pas si futile, et ce níest
pas si simple,
Líenfant après líenfant et
père de nouveau,
Pour croire être capable de
faire naître valide.
Et encore la vie, ce níest pas si
futile,
Quand même un peu inquiet,
ce níest pas si facile.
Etre père et fragile, rassuré
par son enfant.
Amoureuse et maman, premier désir
díenfant,
Prolongement rêvéÖ
ce níest pas si futile,
Le futur altéré, la
vie níest plus si simple
Sale temps
Les souris blanches faisaient grise
mine
Dans la cage auprès de l'usine
Aux grilles closes depuis le feu
Qu'on n'en finissait pas d'éteindre,
La ville serait à repeindre
Si l'on pouvait y revenir.
Ça s'est passé dans
mon sommeil
Et c'est au retour du soleil
Au son de mon radio réveil
Que je m'étire jusqu'aux
orteils
Délice d'un matin banal,
Café sans sucre et cigarette,
Des rêves encore plein la
tête,
La voix près du lit me dit
l'heure,
Mes yeux se tournent vers l'extérieur
Et tout soudain m'est inconnu,
Le trottoir d'en face disparu,
La radio brusquement s'est tue.
Je sort jusque dans la rue
Où je débarque à
moitié nu.
Le temps est comme avant l'orage,
Tout a pris la couleur duÝ nuage,
Sans repère et sans un sillage
Qui laisse trace d'un passage,
Le sol soudain semble monter,
Et la pluie síest mise à
tomber,
En petit morceaux de plus en plus
gros.
Et moi, comme un idiot,
J'étais sortiÝ sans mon chapeau
!
Ý
Fidèle et dispersé
En toute inconséquence
Et en toute innocence
Une fois pour toutes
Ou toute fois que possible
A qui j'aime je dis je t'aime
Fidèle et dispersé
je t'aime
Je t'aime plus que tout
Plus que toute autre
Je t'aime tant
Plus que tant d'autres
La pudeur à l'oreille
Ou la peur du revers
Je n'ose pas prétendre
Au t'aime désiré
Je ne jalouse pas
Le t'aime familier
D'un autre je que moi
Ý
La page des livres
Je suis un homme de parole, pas un
homme de main
Crois moi sur parole, je t'ai déjà
donné ma main
JeÝ sais si peu de toi et je suis
maladroit,
Ce que je sais de moi sans secret
je le livre
Pour ce que je ne sais, tourner
la page délivre.
Vertige
Je ne sais rien de toi, je te connais
à peine,
Le parfum de tes yeux, tes couleurs
préférées,
Qui te distinguent, au goût
du monde,
Dans la mosaïque de toutes
les femmes uniques.
Tu ne dis rien, je suis suspendu
à tes lèvres,
J'en suis disert et muet,
Je croyais au savoir,
Ýet j'en perds connaissance.
Les mots au bout des
doigts
La plume et la feuille ont la penne
en commun.
Ecrire sans papier pour éviter
líautomne,
Les bises déposées
emportées par le vent.
En argot comme sous la plume
les mots sont posés sur des
feuilles,
Ils síenroulent en boucles díoreilles
Et se répandent le long du
cou
Vers les épaules, le dos,
le ventre,
Ils ont le goût du baiser
Tout en bas quand on lit
A bientôt, je tíembrasse.
Les mots au bout des doigts
Je pousse líécrit de joie
vers toi.
Ce papier fin sépare le dire
et líentendre,
Les mots déposés et
les mots lus.
Le papier rapproche les pensées
entre tendres,
Les désirs tendus, les désirs
entendus.
Je devine tes yeux au travers du
papier,
Caressant du regard les dessins
et les phrases,
Silences et soupirs, rythmes et
des graphes,
Dégrafes mes mots de tête,
Dégrafes mes mots de coeur,
Ces mots díamour que jíai pour toi.
Les mots au bout des doigts
Je pousse líécrit de joie
vers toi
Près de toi, transparence,
le papier disparaît
Pour ce mot, et je líai au bord
des lèvres.
Ne dis rien, jíai envie de boire
tes paroles,
Díêtre atteint de paroles
touchantes sur ma peau.
Près de toi, pour tout dire,
Je te raconterai, au bout des lèvres,
Líhistoire du verbe qui síest fait
chair...
Quíils sont doux les mots dedans.
Eloignés proches
A qui sont les mots ?
A ceux qui écrivent
Ou à ceux qui les lisent
?
A ceux qui les tendent
Ou à ceux qui entendent ?
Lettres tracées
Une caresse de plume
Pour un message de papier
Nos regards síy croisent
Je devine tes yeux
Nous sommes de la même page
Infime distance
Transparence de la feuille
Un grainÝ
Jíai un grain, grain de folie
Un grain de sable síest coincé
Et mon sablier síest arrêté
Le temps síenroule autour de moi
Insaisissable comme toi
Grain de peau grain de beauté
Je suis soluble dans la rencontre
Primesautier, fondu, enchaîné
Troublé, enroulé díémois
Insolubles sansÝ toi
Grain de café moulu serré
Grain de blé feu de paille
Grain de son, rire ensoleillé
Mes mains síenroulent autour de
toi
Insatiables comme moi
Grain de pluie cheveux mouillés
Gouttes díeau le long du cou
Avec toi essuyer un grain
A pleines bouches síépancher
Intarissables et sans voix
Jíai un grain, grain de folie
Comme une araignée au plafond
Tissé díétoile au
bout du fil
Et funambule je míapproche
Irrésistiblement vers toi...
Je me rêve elle
Je ne me souviens pas du rêve
je ne me souviens que de toi
jíai envie de dormir avec toi
et pas que dormir pourquoi pas
Tu es belle et cíest un présent
tu ne connais pas líimparfait
tu existes au-delà des temps
et des souvenirs à venir
Il est une fois une douceur indécise
il faut ne pas mais faut il pas
il est doux le désir de ne
pas síinterdire
et díen rester interdit de désir
Nous avons du plaisir qui déborde
des yeux
nous sommes de la même pluie
nous retrouvons le soleil et líombre
sur la peau
quand nous nous découvrons
pour mieux nousÝ découvrir
Je ne me souviens pas du rêve
Tu es belle et cíest un présent
Il est doux le désir de ne
pas síinterdire
Nous avons du plaisir qui déborde
des yeux
Et líappétit de vivre ailleurs
que dans les rêves
Désespoir
Comme une scie sans voie
Comme un fonds sans commerce
Comme un limon sans marche
Comme un livre sans page
Comme un cri sans oreille
Comme un jour sans rire
Comme une attente vaine
Comme un désir inassouvi
Solitude
Je suis un petit rien du tout
Un peu de bruit
Un peu de vie
La terre tourne aussi avec moi
Et le monde míentraîne
Dans la ronde des multiples solitudes
Je suis quelquíun de peu
Rien quíun homme après tout
Je ne suis rien sans toi
Toi qui pour moi es tout
Toi qui me manques
Et que je cherche
Rires
J'en ai pris plein la figure
D'abord la pluie et puis ton rire
Comme celui d'un gosse qui a couru
Au milieu des flaques d'eau
Et qui saute éclabousse tout
On en prend pour son grade
Quelque soit notre trempe
De héros d'arrière
garde
Il faut bien qu'on se mouille
Une pluie fine et dense
Aux gouttes insolentes
Dégouline alentour et rigole
en ruisseau
Et se marre comme toi qui m'éponge
en riant
L'éclat de ton rire m'a laissé
sur la peau
Dans un échange muet quelques
traces de son
Et je garde de toi comme un grain
de beauté
Ce grain qu'ensemble nous avons
essuyé
Líair de rien
La musique síest tue sans arrêter
la danse
Elle est tout contre lui et il est
tout contre elle
A la dernière note les pieds
posés au sol
Dans le silence de líair de rien
Sarabande en chamade au travers des
poitrines
Et cíest aux coeurs quíils battent
díune musique intime
Sourde et muette à líaveugle
accordée à la main
Dans le silence de líair de rien
Solitaire dialogue des hanches et
du bassin
Ils ne déplacent ni les pieds
ni les épaules
Mais ils sont en voyage et ils sont
partis loin
Dans le silence de líair de rien
Etrange familière
Offres moi le choix de t'aimer
Ouvres moi le plaisir du désir
De regarder ou de toucher
Ou d'écouter ou bien de dire
Avec des mots ou du silence
Mais ne restes pas à distance
Fermée repliée intouchable
Ton absence est insupportable
Et tu me manques près de
moi.
Tu es là sans paraître,
Je suis en manque de toi,
Etrange familière.
Je suis en manque d'être,
De quelques mots sincères.
Le temps coule plus vite
Que les larmes ou les rires,
EtÝ je tíattends.
Sourire
Ton rire de femme fleur de chants,
Petite fille pour de vrai, pour
de rire
De plaisirs et de désirs
touchants,
Aux lèvres gonflées
de sourire
Et des sourires de ton corps;
Câline en diable coquine sage
Au coin des lèvres un bouton
d'or
Eclat de sourire en voyage;
Tu as des sourires secrets
Sous ton rire de gorge habillée
Au bonheur de mes yeux comblés,
Plaisir de contre-jour discret,
Choix délicieux de ton tissu,
Et je t'entoure de pensées
De caresses sur ta peau nue,
Et l'envie de te découvrir
Jusqu'aux parfums de fleurs secrètes
Et de m'attarder de désir
Sur tes rives les plus discrètes,
Au bord de ton sourire
En quête de ton bouton d'or;
Je t'aime profondément,
Pour de vrai, pour ton rire.
Ý
Tatouage
Tendre étoile filante
bien loin de toute distance
débordant les convenances
persistant éclat de vie
brillante même en plein jour
rencontre d'une année lumière
étoile de tendre présence
libre sans préméditation
heureuse sans y prendre garde
adroite sans y toucher
touchante sans y penser
présente au delà des
rêves
comme un soleil mordant
tatouage en encre bleue
invisible signe intérieur
qui réchauffe le coeur
pénétrante présence
je t'ai dans la peau
Ý
Partout
De penser à toi me donne envie
de tíembrasserÝÝÝ partout ,
en pleine rue , à pleineÝ
bouche ,
au milieu de la foule , à
líintérieur de
tes mains ,
dans ta salle de bain , au sillon
de
tes seins ,
dans un coin de ton lit , au creux
de
ton ventre ,
et au long de ton dos pour venir
à
ta nuque ,
poser mes lèvres derrière
tes oreilles ,
et caresser aussi doucement
tes épaules ,
et puis recommencer en ajoutant
un doigt ,
puis un autre , une main , pour
caresser
ton corps tout entier .
Tes mains
Marionnette animée au mouvement
de tes doigts
Tu me tiens suspendu au bout du
fil.
Pantin de chiffon, je voudrais naître
de toi,
Que tu glisses ta main sous mes
vêtements
Pour faire vivre ma tête et
réveiller mon corps.
Ton sourire résonne comme
ferait un baiser
Quand malicieusement dans ta robe
coquine
Tu laisses ta pudeur au bord des
échancrures,
Pantin alors je ne suis plus de
bois.
Je me sens comme un gland tombé
du chêne
Comme une graine quíon plante
Pour quíelle sorte de terre,
Je voudrais naître avec toi,
Et grandir car tu saura bien míélever.
Dans ce théâtre díapparences,
Coté cour ou coté
cúur,
de fines bretelles me rappellent
Que notre relation
Ne tient quíà un fil.
Yo-Yo que tu enroules
Et puis que tu déroules
Qui síécarte
Qui se rapproche
Que tu remontes dans ta main
Et redescend le long du corps
Pour mieux revenir encore.
Je voudrais naître avec toi,
Me porter à ton ventre,
Te porter à mon ventre,
Pour encore y mourir
Et renaître avec toi.ÝÝÝ
Amitié
Juste un mot juste, un mot doux quíil
vienne !
Quíune voix douce ou le chant díune
sirène,
En robe courte ou bien en pantalon,
Me charme enfin et me sorte du fond.
Juste un mot vrai, mot sorti du silence,
Quíil va sans dire un mot chargé
de sens,
Derrière líoreille comme
une goutte parfumée
Flottant dans líair que jíaime à
respirer.
Juste un mot dit préféré
au mot culte,
Car dans la vie il níy a pas que
le culte,
Il y a aussi les yeux et le mot
du regard
Proche díétreinte et de qualité
rare.
Juste un dessein du mot, le discret
du non dit,
Juste libre féminin masculin
à líenvie,
Juste un mot de désir díêtre
proche de líautre,
Mot reçu, mot donné,
mot sans dessein dessous.
Le temps du nous
Cet instant de nous, hors du tout,
simple point díun tableau impressionniste,
cet instant de toi, hors de toi,
simple díoubli et tellement toi,
cet instant de moi, rêve díémoi,
simple díabsence et tellement moi,
cet instant de soie, double soi,
cet instant échappé
hors du temps;
Le temps du nous venu en quelques
mots tactiles,
le temps du bien entendu díun présent
partagé,
le temps donné aux accents
díabandon,
le temps du nous qui se dénoue,
le temps délassé pour
mieux síenlacer,
le temps des mains douces
Et des mots quíon veut tendre;
Tendres nous entre nous seuls en
foule,
tendres nous tendrement seul à
seule,
tendres et nous et trop moi et toi
toute,
tendres nous à síentendre
et síéprendre,
tendres nous pour longtemps face
au temps...
Brigante
Elle sait recevoir,
Car elle síest beaucoup donnée.
Reçue pour solde de tout
conte,
Mais cíétait une belle histoire.
Parfois infidèle,
Elle ne síest jamais trompée.
Elle síéprend sans méprise.
Elle aime sans honte,
Et sans hantise díelle.
Elle attire à tire díaile.
Elle sait recevoir,
Car elle sait beaucoup donner.
Ý
Parfum
Je tíaime en tous sens
Líouie le goût et la vue
Le toucher líodorat
Je voudrais être tout cela
Je voudrais être ton parfum
Pour être au plus près
de toi
Entre le tissu et la peau
Et je resterai contre toi
Lorsque tu seras dévêtue.
Je voudrais être un mot doux
agréable à ton oreille,
Ou ta musique de chevet
Ou líair du large
De tes rêves de voyages;
Etre une perle de chaleur
Glissant de ton aisselle
Sur líarrondi du sein;
Etre un peu de cire
Qui te pèle la peau
Pour adoucir tes jambes;
Etre une bouchée de pain
Mordue à pleine dents
Et fondant sous ta langue.
Je voudrais níêtre quíun feuillet
Gardant la page díun livre inachevé,
Et tu reviendraisÝ toujours à
moi.
Absence
Tu reçois chaleureuse
Dans le raffinement
D'un intérieur
Aux couleurs de soi.
Tu aimes à partager
Les plaisirs de la bouche,
Les bons mots et les rêves,
Et tout ce qui te touche
Dans les pages d'un livre.
Tu aimes recevoir,
Et accueillir généreusement.
Tu es ouverte au monde,
Tu reçois plein de lettres.
Tu aimes les chaussures,
Et tu aimes partir.
J'aime quand tu reviens,
Ton désir d'inviter.
Tu aimes être aimée,
Et j'aime t'aimer.
Tu aimes ces grappes de fleurs,
Belles de jour en couleurs,
Tu leur ressembles un peu,
Dans ton for intérieur,
Quand je te rêve ouverte,
Tu te fermes à la nuit,
EtÝ tu emplis mes rêves
De vide entre mes bras.
Ý
Écrit à
tue têteÝ
Encore un écrit vain, cíest
bien ma veine
Un écrit de sang díencre,
díamour à peine.
Un trou de mémoire, présente
absente,
A corps perdu dans une longue attente.
Dans le timbre des mots saisis par
la feuille
Dans líécrit de voix de lecture
díoreille
Dans le silence expressif de la
main qui chemine
Doucement sur la page des messages
intimes,
A cúur déployé je
tíécris à tue tête,
Paroles et musiques pour une chanson
de gestes.
Je te cherche aux détours
de mes phrases si longues.
Tu me touches, j'en frissonne de
désordre,
Et jíen oublie les mots pour apprendre
ta langue,
Et venons en aux mains pour enfin
nous entendre.
Certitude
Tu es en somme
une bouffée de fraîcheur
dans líinsipide air du temps,
une bise apaisante
à la saison étouffante,
un charme sans malice
dans les jours désenchantés,
une addition sans retenue,
juste arrondie là où
il faut.
A l'arrêt sur image
de ce portrait en pieds
le compte níy est pas.
Tu es irréductible
comme une ombre entière,
tu poses le soleil
et tu en retiens tout,
tu es sans décimale,
une et indivisible
comme la liberté,
ton pas est assuré
quand la foule piétine,
tu es líutile fragilité
des années de certitudes...
Traces
Je n'écris que de toi
à lettre ouverte et sans
pudeur
j'écris toujours à
toi
des mots simples deÝ tout le monde.
Je ne veux plus écrire,
signes deÝ vie sur le papier.
Je veux me rapprocher,
envie de traduire des deux mains,
envieÝ d'écrire sur toi,
mettreÝ mes idées à
leursÝ places,
teÝ lire avec les yeux,
entendre tes signes silencieux,
t'embrasser de ma bouche
et sans formule au basÝ d'uneÝ lettre,
écrire à bras le corps
des mots d'amour surÝ taÝ peau.
Le papier je m'en passe,
je veux écrire sur toi,
dessiner et tracer
et retoucher et puis relier,
ajuster le texte et le geste,
caresser tes lignes de vie
Et partager ainsi líécris
Timbré
Le plat des jours laisse la faim,
Ton appétit laisse des reliefs.
Tu veux celui qui níest pas là,
Et qui níest pas parmi ceux là.
Peuvent être beau cíest pas
le tien.
Il tíen faut un attentionné
Pour tes oreilles des mots tendres
Et qui démêle tes cheveux.
Je ne líenvoie pas dire
Et je líenvoie sous pli
Espérant que tu me déplies.
Je préfère être
près de toi,
Au coin de ton sourire,
Aux accents de ta voix,
Face à tes grands yeux ouverts
Ou bleus, mais près de toi.
La plume me rend fou,
Supplice délicat
auquel je me soumets,
Je ne líenvoie pas dire,
Timbré du coin díune lettre.
Nadège
Toute menue légère
comme des blancs en neige,
Toute crue sincère de vérité
légère,
Toute pointue et scintillante comme
une étoile de mer,
Toute essoufflée de longue
attente dans ce manège,
Des rêves plein la tête
et même au creux du ventre,
Et puis des rêves au coeur
et puis encore que sais-je ?
Douce amère, líamère
Nadège !
La douceur du sourire et des éclats
de rire
Pain de sucre qui fond à
la première averse
Et des larmes salées que
le soleil sèche.
Souple au souffle du vent qui fait
trembler la feuille,
Frêle brin de lavande aux
mystères parfumés,
A moins que ce ne soit dans líétoffe
froissée
Une fleur de la passion qui se soit
égarée...
Ý
Y'a des matins
Y'a des matins je suis comme un cendrier
ivre
ÝÝÝ Y'a des matins
Comme si la nuit jíavais abusé
de vivre
ÝÝÝ Comme si la nuit
Pourtant la vie était bien
absente
ÝÝÝ Pourtant la vie
Demain déjà est sur
la mauvaise pente
ÝÝÝÝ Demain déjà
Il y a des semaines où je
ne fais qu'attendre
ÝÝÝ Il y a des semaines
Un jour meilleur pour me surprendre
ÝÝÝ Au jour meilleur
L'amour toujours mais faudrait être
aimable
ÝÝÝ L'amour toujours
L'avenir c'était bien, çíaurait
pu être bien
ÝÝÝ L'avenir c'était bien
Mais aujourd'hui le présent
n'est pas un cadeau
ÝÝÝ Mais aujourd'hui
Les jours tombent dans le désordre
ÝÝÝ Les jours tombent
Jípeux même plus dire jíarrête
demain
ÝÝÝ Je peux même plus.
Comète
Lueur qui estompe líombre,
Et des mots réfléchis,
Passage épisodique
Par dessus la tête,
Pas sage silencieuse
Et des mots díémotion,
Un soupçon díinsensée
Et femme intensément.
Cíest ta nouvelle année
Pas de résolution,
Et laisse toi aller
Puisque tu as fondu.
Ne pas te faire tourner
Avant de tíavaler,
Je níai pas de cuillère,
Je ferai à la main.
Douce lumière et forte,
Allumée deÝ tendresse,
FeuÝ ininterrompu
auquel jeÝ me consume.
Je brûle de tes yeux
et míéclaire de toi.
Cíest ta nouvelle année
Cíest ta nouvelle étoile
Comète étincelante
Avec la vie
Qui va avec...
Trois quatre
Car si je dois compter sur moi
Je commence par toi
Et puis trois quatre
La mesure dérape
Bien trop nome
Car si je dois compter sur toi
Je compte sur mes doigts
Et puis trois quatre
La mesure dérape
Bien trop nome
Car si je dois battre la mesure
Je commence par nous
Et puis trois quatre
La musique déborde
Mais trop nome
Car si je compte quelque part
Ça commence par toi
Et puis trois quatre
Il n'y a de mesure
Quíavec toi
Car si la vie míaborde enfin
Je partage avec toi
Et puis trois quatre
Et cíest la démesure
Et puis toi toute.
Démesure
Pour gagner mon pain
Je vais travailler
Et pour la vie
Je vais avec toi
J'aime tout chez toi
Ton rire et comme tu bouges
Tes départs et comme tu reviens
Ce que tu aimes et comme tu en parles
Que tu m'aimes et comme tu me parles
J'aime ton corps et tes plaisirs
J'aime toucher toi...
Jíaime tout chez toi
Je tíaime, dans tous les compartiments
du je
Toutes les parts et tous les tout
Mon amour que jíaime, je te préfère,
Cíest toi que jíaime sans confusion
Níimporte quíelle femme idéale
Níimporte quel fade idéal
Je te préfère et voilà
tout.
Ý
Tout le temps
Dès aujourdíhui
Jíai envie de tíaimer
Des deux mains.
Dès à présent
Je tíaime maintenant
De líen vie.
Dès demain
Je reçois le présent
De tíaimer.
Dès toujours
Jíaime tíaimer
Pour la vie.
Dès tout de suite
Tiens au fait
Je tíaime.
Torrides
Que tal, vital, quoi donc;
Como estas, comme toi, ba pla;
Siempre líamour, mi tout,
Si tu vois ce que je veux dire;
Hola ollé au lit pas dormir
Pas tout de suite mais encore,
Encore toi, encore moi, en corps
nous,
Nous et enlacés, noués
délassés,
Nous et embrassés, en nuit
sans ennuis,
A delante,Ý a mi go to bed,
Obviously por favor ! viens,
Tombé troublé tes
bras trop bées,
Et moi, émoi,Ý et mu versÝ
toi
La houle
La foule dans la ville ressemble
à la marée,
Le flux et le reflux, la grève
et la jetée,
La ville et la mer ont la houle
en commun,
Trop nombreux sont au large, vague
après vague,
Par grand vent on peut voir remonter
les embruns,
De ceux qui restent à quai,
de ceux que líon largue,
La mer est mauvaise, la ville est
démontée,
Electeur à marée basse
à la voix égarée,
Dans le rang, la manifí, les mots
díordre,
Suivre le mouvement, gonflé,
enragé,
Dans líécume des idées
de désordre,
Issu des bas quartiers, chômeur,
dégagé,
Embarqué sans ballast, isolé,
naufragé,
Dans la file la quille, il peut
se redresser,
Vent debout, terre terre et enfin
accoster,
La sirène aperçue
au bout du bar un soir,
Partir à líintérim,
jeter líancre et y croire...
Toujours se dépêcher,
faut dire qu'on est pressés,
La ville c'est trop petit, les gens
sont tout serrés.
Il ne reste qu'à rêver
aux entrées maritimes,
Et la houle revient comme une vague
intime.