| "Ce
qu'il faut, c'est rationnaliser", indiquait Claude Guéant, secrétaire
général de l'Elysée, dimanche 28 septembre 2008, annonçant
ce jour-là, lors de l'émission "Dimanche soir politique"
(iTélé / France inter / Le Monde), que le président
de la République souhaitait lancer une "vaste concertation" avant
de réformer les collectivités locales.
Moins
d'un mois plus tard, le 22 octobre 2008, naissait le Comité pour
la réforme des collectivités locales, présidé
par Edouard Balladur (UMP), ancien Premier Ministre. Lequel comité,
composé d'experts et de personnalités politiques, notamment
un autre ancien premier ministre, Pierre Mauroy (PS), sénateur,
devrait donner ses conclusions fin février à Nicolas Sarkozy.
Plus
récemment, dimanche 28 décembre 2008, au cours d'un débat
sur Europe 1, entre le PS, l'UMP et le Modem, Frédéric Lefebvre,
député et porte-parole de l'UMP, a annoncé que la
fusion départements-régions était "pour bientôt",
parlant de "réforme extrêmement importante" prévue
pour 2009.
Martin
Malvy (PS), président du Conseil régional Midi-Pyrénées,
interviewé le 6 janvier 2009 par Jour.tv / Regionsdefrance.com qualifie
ce projet de fusion "d'idée saugrenue qui ne peut être émise
et défendue que par des personnes qui ignorent comment la France
s'est peu à peu transformée, comment elle s'est modifiée,
comment ses institutions ont évolué au cours des 25 années
qui viennent de passer". Et d'ajouter : "Je suis absolument catastrophé
et dérouté par l'ignorance dans laquelle les décideurs
politiques ou administratifs sont du fonctionnement de la France après
25 ans de décentralisation et de régionalisation (...)".
Faut-il
supprimer les départements ? Regrouper certaines régions
? Le président midi-pyrénéen affirme qu'il faut maintenir
les départements et "prendre la mesure de ce que sont les régions
en Europe". S'il souhaite une clarification des compétences et de
la fiscalité, il explique que la région ne doit pas être
assimilée à un "superdépartement". |
"La
nécessité des régions est forte", affirme Alain Rousset,
président du Conseil régional Aquitaine, et président
de l'Association des régions de France, qui se dit en colère
et fâché par l'idée d'une fusion départements-régions.
Il qualifie ce projet de "mélange des genres" qui conduirait à
supprimer "ce qui fonctionne bien".
Plusieurs
présidents de régions ont été reçus
en 2008 par le Comité présidé par Edouard Balladur
qui poursuit ses auditions. Le président du Conseil régional
Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (PS), sera écouté le 15 janvier
2009.
Par
ailleurs, trois associations d'élus (l'Association des régions
de France, l'Assemblée des départements de France, et l'Association
des maires de France) ont décidé de concevoir des contre-propositions
dans le cadre d'un comité créé à leur initiative.
L'ARF et l'ADF font bloc, déclarant d'une voix le premier décembre
2008 qu'elles s'opposent à une fusion des départements avec
les régions. Le 17 décembre 2008, l'Assemblée des
départements de France a adopté à l'unanimité
une résolution des 102 présidents de Conseils généraux
qui rejette le principe de fusion avec les régions, soulignant leur
complémentarité actuelle.
Cette
réforme des collectivités territoriales est un sujet sensible,
mêlant questions identitaires, politiques, financières, et
de partage de compétences entre échelons. Sur ce dernier
point, les représentants des collectivités territoriales
s'accordent sur la nécessité de rechercher une clarification.
Quels équilibres seront modifiés ? Comment les élus
rebondiront-ils ? Assistera-t-on à la création de nouvelles
identités régionales ?
Stéphane
Auzolles
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